Problème d’érection et hypertension artérielle

Mar 18, 2019 par

Maladies coronariennes, artérites ou hypertension artérielle… les causes vasculaires représentent 40 % des dysfonctionnements érectiles. En décembre 2018, la société française d’hypertension artérielle (SFHTA) a émis de nouvelles recommandations sur le dépistage des problèmes érectiles chez les patients souffrant d’hypertension.

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Liens entre troubles de l’érection et hypertension

Même s’il est largement admis que les patients hypertendus souffrent deux fois plus souvent de troubles de la fonction érectile comparativement aux hommes ayant une tension artérielle normale, les diagnostics ne se font pas automatiquement.

Lors des journées de l’hypertension artérielle en décembre 2018, la SFHTA a émis de nouvelles recommandations à intégrer dans le parcours médical du patient hypertendu.

Et notamment, celles concernant le dépistage et la prise en charge de la dysfonction érectile.

Cependant ces conseils fonctionnent dans les deux sens puisqu’un patient souffrant de problèmes d’érection devra aussi se voir proposer un diagnostic d’hypertension artérielle (HTA).

Les données cliniques mettent en avant le besoin de tels dépistages :

  • 18% des hommes de plus de 40 ans présentant une dysfonction érectile (DE) souffrent d’hypertension non diagnostiquée ;
  • Les hommes avec une HTA et/ou une maladie cardiovasculaire possèdent un plus grand risque de DE. On estime que ce surrisque est compris entre 35% et 66%.

De plus, une DE chez un patient hypertendu est un risque cardiovasculaire marquant la survenue d’une complication cardiovasculaire dans les années à venir.

Améliorer la qualité de vie du patient

Dans cette démarche de dépistage, les médecins traitants doivent davantage accompagner leurs patients en abordant la question de la sexualité.

Des études statistiques de 2009 montrent que seulement 10 % des médecins recherchent une DE chez leurs patients hypertendus.

La principale cause de ce comportement ? La pudeur et la difficulté pour les médecins de famille de trouver les mots justes pour aborder la sexualité.

“Il est tout à fait justifié d’aborder la question de la sexualité chez tous les hypertendus en consultation de médecine générale ou en consultation spécialisée. Le dépistage doit être systématique lors de la consultation d’annonce d’HTA et dans les 6 mois qui suivent l’introduction d’un nouvel antihypertenseur “ commente la SFHTA.

Par ailleurs, il est recommandé d’effectuer le dépistage de la DE au moins une fois par an lors du renouvellement du traitement ou lors de la survenue de complications médicales.

Combiner traitement de la HTA et traitement de la dysfonction erectile

Une fois le diagnostic posé, le bilan sera complété par un examen général et génital puis une analyse biologique.

Enfin, la prise en charge thérapeutique des problèmes d’érection doit considérer : le niveau de pression artérielle du sujet et son niveau de risque cardiovasculaire.

À savoir ! Le consensus de Princeton III d’octobre 2010 a précisé certaines règles de prescription : les médicaments cardiovasculaires interférant le moins avec la fonction érectile doivent être privilégiés (antihypertenseurs, hypolipémiants). Les antihypertenseurs les plus récents (IEC, ARA2, antagonistes calciques, bêtabloqueurs vasodilatateurs) ont des effets neutres voire bénéfiques sur la fonction érectile. Cependant, les médicaments cardiovasculaires qui peuvent améliorer les symptômes cardio-vasculaires et la survie ne devraient pas être écartés en raison de leur impact potentiel sur la fonction sexuelle.

La détection de la DE est d’autant plus importante que ces troubles de la sexualité peuvent avoir un impact négatif sur l’humeur et donc la capacité à bien suivre un traitement pour l’ HTA.

Sans oublier que certains agents pharmacologiques luttant contre l’hypertension peuvent déclencher ou aggraver une dysfonction érectile. Le patient ne doit pas être isolé face à toutes ces questions liées à sa santé et sa sexualité.

À savoir ! Il faut penser à diagnostiquer une DE quand le patient souffre d’HTA mais aussi de diabète, de dépression et d’affection cardiovasculaire. Mais également quand le patient est moins observant dans son traitement contre la HTA ou qu’il demande si certains médicaments sont vraiment nécessaires. Et même lorsqu’il se dit “fatigué”, un “peu dépressif” ou qu’il confie partiellement des difficultés conjugales.

Enfin, la SFHTA insiste sur le fait que l’accompagnement des cas complexes doit être pluridisciplinaire incluant le médecin traitant, un spécialiste ( comme un sexologue, un urologue et/ou un endocrinologue) et un cardiologue.

Julie P., Journaliste scientifique

– IH : l’Europe doit faire face à une hausse des diagnostics. Egora.fr.Consulté 15 mars 2019.
Julie PAYSANT
Journaliste scientifique.
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